Pourquoi l’activité physique doit faire partie des conversations sur la santé mentale

Les études confirment ce que nous savons déjà, l’activité physique régulière est essentielle à une bonne santé mentale.

Toutefois, très peu de Canadiens en font assez. Seulement 9 % des enfants, seulement 20 % des adultes. Il y a donc beaucoup de gens qui ne profitent pas des bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale.

Lorsque vous faites de l’exercice, votre corps libère des endorphines, des hormones qui réduisent la sensation de douleur et augmentent les sensations de plaisir, ce qui stimule littéralement votre humeur.

C’est pourquoi, lors de la Journée Bell Cause pour la cause, ParticipACTION croit que l’activité physique devrait faire partie des conversations.

ACTIVITÉ PHYSIQUE ET DÉPRESSION : MON EXPÉRIENCE PERSONNELLE

Il y a 6 ans, j’ai vécu une sévère dépression. Je me sentais si désespéré que je peinais à me sortir du lit. Je prenais du poids, j’évitais mes amis et je restais à la maison. Je ne parle pas souvent de cette période très sombre. 

Et c’est exactement pourquoi la Journée Bell Cause pour la cause existe. Parler des choses dont normalement on a peur de parler.

Au lieu de me concentrer sur les points négatifs, je tiens toutefois à parler de jardinage. La découverte qui a changé ma vie.

Mon psychiatre m’a suggéré de sortir davantage, et j’ai ainsi décidé de devenir bénévole à un jardin communautaire près de chez moi. Je n’avais jamais fait de jardinage auparavant, mais ça me plaisait d’y aller et les gens y étaient tous aimables.

Ça ne m’a pas pris de temps avant d’avoir la piqûre. Arroser et planter, tailler et désherber : j’ai tout essayé. Transporter de la terre en brouette, faire des paillis et des boutures. Aménager du terrassement. Planter des rangs de légumes.

Peu de temps après, j’ai trouvé un emploi dans un centre de jardinage de ma municipalité et j’ai commencé à jardiner pour mes voisins les week-ends. J’ai découvert une passion que je n’aurais jamais pensé avoir.

Mais la partie la plus incroyable, c’est le changement de ma santé mentale. J’ai commencé à mieux dormir la nuit et à me lever du lit plus tôt le matin. J’ai arrêté d’éviter les gens et j’ai perdu du poids. Mon désespoir qui me paralysait et qui me semblait ne jamais pouvoir partir s’est graduellement estompé.

Je n’ai pas guéri en une seule nuit, mais de jour en jour, je suis sorti de ma dépression, j’ai retrouvé confiance en moi et j’ai repris ma vie en main.

FAIRE LES LIENS

À l’époque, je n’arrivais pas à faire les liens, mais quand j’y pense, ce n’est pas compliqué de comprendre pourquoi le jardinage a été un remède aussi efficace.

Je faisais de l’exercice quotidiennement. À l’extérieur, dans la nature, sous le soleil et en respirant de l’air frais. Bref, je faisais ce que j’aurais dû faire depuis longtemps : vivre une vie active.

Je suis reconnaissant tous les jours parce que ça a fonctionné. Pour mon psychiatre qui m’a incité à sortir et bouger. Pour l’occasion exceptionnelle que ma communauté m’a offerte.

J’espère que plus de gens recevront ce conseil et auront la même opportunité.

Que ce soit la dépression, l’anxiété, la bipolarité, la schizophrénie ou autre, une prescription pour une dose quotidienne d’activité physique peut grandement aider beaucoup de gens. Ça peut changer le cours d’une vie et c’est pourquoi nous devons en parler.

Grâce à des initiatives comme la Journée Bell Cause pour la cause, nous parlons davantage de santé mentale au quotidien. Il y a plus de gens qui brisent le silence. Nous commençons à vaincre ce tabou.

Mais nous devons également commencer à parler des façons dont nous pouvons améliorer la santé mentale, pourquoi l’activité physique est essentielle et comment les niveaux d’inactivité ont des conséquences sur la santé mentale.

On cause pour la cause de Bell aide la population à faire un grand pas vers l’avant. Et maintenant, nous devons encourager tout le monde à en faire 10 000 de plus.