Le sport mixte, une bonne idée?

Quand j’avais six ans, je jouais au soccer dans mes temps libres. Un de mes coéquipiers se démarquait par son jeu; il courait à vive allure sur le terrain, en toute confiance, entraînant le ballon avec lui, les cheveux au vent. Il marquait bien des buts et ne faisait des passes aux autres que très rarement. À mesure que la saison avançait, il m’énervait de plus en plus.

C'était à une autre époque, où nous jouions dans une ligue mixte. Mais quand même, est-ce que ça aurait fait une si grande différence si un programme réservé aux filles existait alors? Une fille avec une telle attitude aurait été tout aussi irritante.

Si vous êtes parent d’un enfant âgé de quatre à six ans et que vous souhaitez l’inscrire à un programme de sport organisé, que faut-il choisir entre le sport mixte ou non mixte?

L’année dernière, mon fils de quatre ans a joué au tee-ball dans un programme de baseball mineur de la région, au sein d’une ligue interne mixte. Il s’est avéré que cinq des douze joueurs étaient des filles toutes vêtues de rose, des crampons au casque, en passant par les gants. On était pourtant loin du stéréotype de la « fifille » ; après tout, elles venaient pour jouer. Et comme elles étaient plus grandes que mon fils, elles couraient plus vite, lançaient plus fort et plus loin que lui. Dans bien des parties, les joueuses se sont distinguées et ont joué un rôle crucial dans la victoire. Quand l’une des joueuses était au bâton, personne ne disait : « C'est une fille, on va se rapprocher. »

J’ai trouvé ça extraordinaire.

En tant que mère et femme active, j'étais contente que mon fils puisse voir que les filles pouvaient pratiquer un sport, et bien le faire. Comme il regarde souvent du sport à la télé, où il ne voit que des hommes, il a pu constater par lui-même que « jouer comme une fille » peut être quelque chose de positif, et il a appris à traiter tous ses coéquipiers de la même manière, peu importe la couleur de leur tenue.

Mon fils aîné a joué au baseball dans des environnements mixtes et non mixtes. Son équipe comptait quelques filles lorsqu’il faisait partie de la ligue interne et maintenant, à neuf ans, il joue dans une équipe entièrement composée de garçons. Je me suis demandé si son sentiment d’appartenance par rapport à ses coéquipiers masculins ne serait pas la même chose dans une équipe exclusivement féminine. Afin d’avoir l’avis d’un autre parent, j’ai discuté avec Liz, une maman dont les filles ont le même âge que mon fils (et qui fréquentent la même école que lui). Elle a été entraîneuse pendant cinq ans dans une ligue de balle molle féminine dont ses deux filles ont fait partie.

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« J’ai remarqué que dans une équipe du même sexe, les joueurs ont généralement le même état d’esprit et le même niveau de compétitivité, selon Liz, la mère des deux jeunes filles. Les liens d’amitié qu’elles nouent en sont une partie intégrante aussi. Les filles deviennent très proches et soudées. » Elle affirme en outre qu’un autre avantage est le fait que le renforcement d’équipe et les événements sociaux peuvent être plus personnalisés selon les intérêts des enfants.

En ce qui concerne les sports où il faut se changer, comme le hockey ou la natation, il faut évidemment des vestiaires séparés. Liz dit être reconnaissante de pouvoir éviter les moments de malaise qu’on peut rencontrer avant la puberté : « C'est difficile de l’admettre, mais à neuf ans, les filles commencent à porter attention aux garçons. Une équipe exclusivement féminine permet d’éviter les petits drames. »

Comme pour toutes les décisions que vous prenez en tant que parents, faites-vous confiance sur ce qui convient le mieux à votre enfant selon son âge et le stade où il en est dans sa vie. À une période où les enfants commencent à pratiquer des sports, l’essentiel est qu’ils s’y adonnent, et ce, peu importe avec qui.