Pourquoi les enfants devraient se rendre à l’école à pied ou à vélo

Les enfants canadiens sont moins actifs qu’ils devraient l’être – seulement 9 % d’entre eux font les 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée recommandées quotidiennement.

Puisqu’ils ont reçu la note D- pour l'ensemble de l'activité physique, nous devons trouver des solutions pour qu’ils bougent plus. Les nouvelles Directives en matière de mouvement sur 24 heures concluent également que toutes les minutes dans une journée comptent, et ce, tous les jours! Bien qu’ils puissent sembler décourageants, ces résultats de recherche sont aussi des pistes de solution — ils démontrent que nos enfants peuvent avoir accès à des activités physiques à tout moment de la journée.

Parce que seulement 1 enfant sur 4 se déplace présentement de façon active, la façon dont les enfants se rendent à l’école apparaît comme un aspect flagrant à améliorer.

Quelques MINUTES négligées

Le transport actif, qui comprend la marche, le vélo, la trottinette et le fauteuil roulant, est un moyen facile d’intégrer davantage d’activité physique dans le quotidien des enfants. Imaginez la différence pour un enfant entre une heure de transport actif pour se rendre à l’école et une heure de sédentarité. Au cours d’une année, les minutes s’additionnent rapidement.

Prenez par exemple les Pays-Bas (A) et le Zimbabwe (A-). Ces deux pays, bien qu’ils soient très différents, ont reçu des notes élevées pour le transport actif dans les Comparaisons internationales de l'activité physique chez les enfants et les jeunes, alors que le Canada a reçu la note D.

IL FAUT EN TIRER UNE LEÇON

Dans ces autres pays, ce qui est unique, c’est que le transport actif est la norme pour ces enfants – c’est leur mode de vie de marcher jusqu’à l’école ou de s’y rendre à vélo, même si c’est parfois sur une distance de plus de 5 km! Plus important encore, ils prennent plaisir à l’activité physique.

Taru Manyanga, un étudiant au doctorat qui a contribué au Bulletin de l'activité physique du Zimbabwe (disponible en anglais seulement), souligne que bien que le transport actif soit une nécessité pour beaucoup d’enfants au Zimbabwe, c’est aussi une norme culturelle acceptée. Nous devrions nous engager à adopter une telle norme au Canada.  

Un problème en commun

Même si plus de 80 % des enfants zimbabwéens ont présentement recours au transport actif pour se rendre à l’école et en revenir, cette tendance pourrait être sur le déclin. « Je pense qu’au Zimbabwe, notre problème le plus important, et aussi le plus redoutable, est la rapidité de l’urbanisation et l’afflux soudain de la mécanisation, qui font en sorte que l’inactivité chez les enfants et les jeunes prend de l’ampleur », mentionne Manyanga. Ça nous rappelle quelque chose ?

ce que nous pouvons faire pour que ça change

La bonne nouvelle, c’est que le transport actif n’a pas besoin d’être risqué, ou compliqué. Les enfants peuvent se déplacer en groupes et les parents peuvent les aider à établir des itinéraires sécuritaires pour se rendre à l’école. Il est aussi important de s’habiller en fonction de la température. De la crème solaire et un chapeau pour les journées plus chaudes, des mitaines et un foulard quand il fait froid.

Déjà entendu parler d’un autobus scolaire pédestre ? Pensez à intégrer ce concept dans votre arrondissement scolaire! Ce moyen de transport scolaire devient de plus en plus populaire à travers le Québec et en Ontario.

Nous ne pouvons combattre l’urbanisation et les progrès technologiques, mais nous pouvons cependant créer un environnement qui encourage les enfants à se déplacer activement. Commencez par utiliser moins fréquemment votre voiture, en marchant ou en prenant votre vélo pour faire vos achats et vous rendre à vos rendez-vous, l’occasion venue.

Parlez de ce problème aux autres parents. Vos enfants auront le goût de marcher si leurs amis le font aussi. C’est de cette façon que les normes culturelles évoluent.

Vous pourriez aussi vous impliquer d’autres façons, comme en demandant à votre municipalité de réduire les limites de vitesse, d’augmenter le nombre de dos-d’âne et d’aménager des aires de débarquement autour des écoles afin de réduire le trafic et de rendre les rues plus sécuritaires.

Au lieu d’aller porter vos enfants en voiture, encouragez-les à se rendre au centre d’achats, au parc ou chez leurs amis en marchant, ou à vélo. Au lieu de transporter votre enfant dans vos bras ou dans une poussette, marchez avec lui jusqu’à l’école ou à la garderie, aussi souvent que possible. Il suffit de penser à de nouvelles idées et d’intégrer de nouvelles habitudes.

Faire du transport actif la norme ne sera pas facile, mais ça fait partie de la solution à la crise de l’inactivité actuelle. Si nous voulons espérer que le Canada améliore sa note en activité physique de D- à A, nous devons faire tous les efforts possibles pour encourager nos enfants à se déplacer activement du point A au point B.