Coach maman : l’importance du bénévolat dans le sport mineur

Lea Norris est consultante pour La Société du sport pour la vie. Elle nous partage son expérience à titre de bénévole au niveau du sport mineur; parfois au sein même des équipes sportives de ses enfants.

Avez-vous déjà remarqué que ce sont toujours les mêmes parents qui s’impliquent dans les ligues sportives mineures? Peu importe l’activité sportive à laquelle vous inscrivez vos enfants, vous croisez toujours les mêmes visages : membres du comité, entraîneurs, chefs d’équipe… Nous devons une fière chandelle à ces personnes dédiées et travaillantes qui investissent temps, talent et passion pour faire des activités sportives une réalité dans les communautés d’un océan à l’autre au pays.

Certains nous accuseront d’être « contrôlants » ou « bien pensants », de « chercher l’attention » ou alors de défendre les intérêts de nos enfants d’abord et avant tout. Je l’avoue, nous dépassons parfois un peu les limites et faisons quelques fois les mauvais choix; nous ne sommes que des bénévoles, après tout!

N’empêche, le fait reste que les ligues sportives mineures au Canada ont grandement besoin de nous (bien qu’elles ne savent pas toujours quoi faire de nous). Quelles attentes avoir envers les bénévoles? Comment trier les « moins bons » sans trop mettre de pression sur les perles rares? Renvoyer un bénévole, ça se fait, ou pas? Voilà tant de questions sur lesquelles les institutions sportives doivent débattre. De notre côté, c’est peut-être l’occasion de réfléchir à nos motivations personnelles et de prendre conscience des gestes que nous posons et de l’impact que ceux-ci ont sur nos enfants.

À travers les années, j’ai défendu plusieurs fonctions à titre bénévole, dont celles de chef d’équipe, de membre de comité et d’aide-entraîneuse. Pas question de rester assise sur le banc! J’aime croire que mon implication rend l’expérience plus enrichissante pour mes enfants. Ou du moins, pas insupportable! J’ai eu la chance de collaborer avec d’autres parents extraordinaires qui ont eux aussi à cœur la qualité de nos activités sportives. Au sein de l’équipe, j’ai mon mot à dire sur les décisions importantes et je peux mettre de l’avant certaines idées ou occasions que je crois bénéfiques pour les joueurs. Par exemple, comme entraîneuse en conditionnement physique, j’ai encouragé la littératie physique en organisant des entraînements « hors-piste » (durant lesquels on mettait à profit l’ensemble des habiletés motrices fondamentales dont tous les enfants ont besoin, comme courir, sauter, lancer et attraper). Ces moments nous ont permis d’améliorer notre confiance et nos compétences dans une foule d’activités physiques et de sports. En raison de la tendance à allonger les saisons sportives, les experts craignent une « spécialisation précoce » des jeunes sportifs. Grâce à mes entraînements, je leur permets également de développer leurs habiletés générales, de manière à ce qu’ils puissent changer de sport plus tard, si l’envie y est.

J’ai déjà vu des parents faire des scènes monstres, parfois au point de se faire chasser par les arbitres. Je n’ose même pas m’imaginer la honte de leurs enfants! C’est pourquoi je reste attentive à la manière dont mes enfants vivent mon implication dans leurs activités sportives. Quand ils étaient plus jeunes, ils préféraient que je me tienne un peu à l’écart; je m’impliquais donc différemment. Aujourd’hui âgés de 11 et 14 ans, ils acceptent mon implication et semblent même déçus lorsque je ne peux pas m’impliquer dans leur équipe. Selon une étude de Jean Côté, sommité dans le domaine du sport chez les jeunes, une influence parentale positive serait liée à l’augmentation de l’intérêt et de la motivation des jeunes envers le sport ou les activités physiques et à une plus grande participation sportive. Évidemment, la dépendance des organisations sportives envers les parents n’est pas vue du même œil par tout le monde. Certains parents voient le bénévolat comme une corvée et y vont à reculons, alors que d’autres tirent profit de l’absence de structure pour partager leurs propres idées, pour le meilleur et pour le pire. Pour ma part, je considère le bénévolat dans le sport comme un privilège, comme l’occasion pour tous d’encourager de bonnes pratiques sportives, de développer ses habiletés et de forger son caractère.