Être parent et composer avec le risque du jeu actif

Bien honnêtement, je n’étais pas particulièrement enchantée quand j’ai lu certaines sections du bulletin ParticipACTION 2015 sur l’activité physique chez les enfants et les jeunes, surtout celles portant sur le jeu en plein air.

Plusieurs des recommandations me rendent anxieuse, mais on pourrait les résumer ainsi : il faudrait éviter de surveiller les enfants de trop près lorsqu’ils jouent dehors et il faudrait encourager la prise de risque.

Éviter de surveiller les enfants de trop près, vraiment?

Tout cela pour dire que c'est une bonne chose d’avoir quelques éraflures aux genoux, mais que pour une maman d’un enfant de six ans, la réalité est plus compliquée.

C'est facile de devenir un parent surprotecteur; après tout, c'est mon cas aussi. Notre vie s’articule autour de nos enfants : on veut s’assurer qu’ils mangent bien, qu’ils dorment suffisamment et aussi, on veut leur offrir l’environnement le plus sécuritaire qui soit. Ça peut donc s’avérer difficile de les laisser essayer quelque chose qui pourrait être dangereux.

Ce que j’ai appris, c'est qu’il y a une nuance importante à faire entre le danger et le risque.

Dans la ville où j’habite, il y a quelques années, deux éducateurs ont fondé un camp de plein air. Le premier camp s’est tenu durant l’été, et ça semblait trop beau pour être vrai : apprendre dans la forêt tout en s’amusant, et ce, peu importe la météo, et découvrir toutes sortes d’activités promouvant le risque sécuritaire. Mon fils aime la forêt, mais il a toujours été nerveux lorsque vient le temps de prendre des risques. Par exemple, il n’a jamais été à l’aise de grimper, de sauter ou de jouer dans les modules pour enfants. Nous l’avons donc inscrit dans l’espoir qu’il s’y sente bien. Le camp ne durait qu’une semaine, mais ça a fait une différence incroyable! Il revenait à la maison couvert de boue et de piqûres de moustiques, mais toujours enthousiaste, fier et confiant en ses capacités.

C'est fou comme il a grandi en une semaine.

À ce moment-là, j’ai compris que laisser les enfants explorer et jouer sans surveiller le moindre de leurs mouvements, même s’ils sont eux-mêmes nerveux, pouvait apporter des bienfaits au-delà de l’aspect physique. Selon le Bulletin de ParticipACTION, les enfants sont plus susceptibles d’être actifs s’ils ne sont pas trop surveillés, mais ils sont aussi plus susceptibles de développer la résilience, l’autorégulation, les habiletés motrices, les comportements sociaux, la capacité de résoudre des conflits et l’indépendance.

Mon fils continue de développer ses habiletés et son amour pour l’aventure en plein air. Il a d’ailleurs participé au camp de plein air trois années de suite. Il adore jouer dehors. Il fait la course avec ses amis sur le terrain de jeu, il grimpe au trapèze, se balance et saute sur le sol sans problème. Il lui arrive aussi de trébucher sur des racines d’arbre et de venir chercher des pansements.

Est-ce que je suis toujours anxieuse? Évidemment.

Est-ce que je suis capable de me tenir loin? Non.

Mais je me rappelle toujours qu’il ne s’agit pas de mon bien-être, mais celui de mon fils. Il est de ma responsabilité de lui laisser expérimenter par lui-même.